Un record de vente pour Suzanne Fabry
Sur le marché international des enchères, l’œuvre la plus chère attribuée à Suzanne Fabry est Female Nudes by the Sea, adjugée 226 800 USD lors d’une vente Sotheby’s à New York en 2023. Cela constitue à ce jour le record connu pour cette artiste dans les circuits de ventes publiques, avec des prix de revente très variables selon les formats et supports proposés.
Les femmes artistes : visibilité croissante mais inégalités persistantes
Historiquement marginalisées dans les collections et les grandes expositions, les femmes artistes connaissent depuis quelques années une visibilité institutionnelle accrue. Les grands musées internationaux — tels que le MoMA à New York, la Tate à Londres ou le Centre Pompidou à Paris — ont commencé à consacrer une part significative de leurs expositions individuelles à des créatrices, notamment contemporaines et modernes.
Cependant, cette progression dans les salles d’exposition ne s’est pas encore totalement traduite par une équivalence sur le marché financier :
En 2024, les femmes artistes représentaient un record de 1 148 artistes présentées aux enchères, soit une hausse de plus de 130 % par rapport à 2018, mais encore seulement 23,6 % des lots vendus et environ 13,8 % de la valeur totale des ventes.
Malgré cette progression, leur part dans la valeur globale reste nettement inférieure à celle des artistes masculins, en particulier dans le segment haut de gamme.
Au sommet du marché, des œuvres de femmes atteignent des records significatifs : la peinture de Frida Kahlo s’est vendue pour près de 55 millions USD, établissant un record historique pour une artiste femme aux enchères.
Évolution du marché face à ces dynamiques
Le marché de l’art répond progressivement à une demande culturelle plus large en faveur de la diversité des voix artistiques :
Hausse du nombre d’expositions consacrées aux artistes femmes dans les grandes institutions, ouvrant de nouvelles narrations historiques.
Augmentation du nombre de lots issus d’artistes femmes proposés aux enchères, avec une progression notable dans les catégories inférieures à 50 000 USD comme dans celles entre 50 000 et 1 million USD.
Croissance des prix moyens pour les œuvres de femmes artistes, souvent plus rapide que pour leurs homologues masculins sur des périodes comparables, reflétant une demande accrue de la part des nouveaux collectionneurs.
Cette évolution reste toutefois incomplète : la représentation des femmes dans les collections permanentes muséales et dans le top des ventes demeure déséquilibrée, même si les mécanismes de reconnaissance — tant institutionnels que commerciaux — évoluent dans le sens d’un rééquilibrage progressif.

